En 1978, à Dawson City dans le Yukon, où la Ruée vers l’or attira, à la fin du XIXe siècle, des milliers de prospecteurs, des centaines de bobines de films nitrate sont retrouvées, miraculeusement conservées. À travers l’histoire de ces bobines enterrées durant près d’un demi-siècle dans le sol gelé puis mises au jour et restaurées, c’est non seulement l’histoire de Dawson City qui se dessine, mais aussi celle de toute une époque.
La projection sera suivie de la signature de l’ouvrage Travaux d’histoire culturelle du cinéma(École Nationale des Chartes, 2025).
Le développement de l’histoire culturelle du cinéma en tant que champ de recherche a participé en France, à partir de la fin des années 1990, à l’essor de l’histoire culturelle, tout comme il est venu stimuler le déploiement d’approches spécifiquement historiennes au sein du champ des études cinématographiques. Animé par la volonté de renouveler la méthodologie mais aussi les sujets et, in fine, les terrains d’étude de l’histoire du cinéma, un séminaire d’histoire culturelle du cinéma s’est tenu durant vingt-cinq ans, cherchant à promouvoir une recherche attentive aux agents de l’histoire autant qu’aux œuvres, aux images et aux discours autant qu’aux pratiques : une histoire sociale des représentations, en somme, ambitionnant d’appréhender le phénomène cinéma dans toutes ses dimensions. Les signes ne manquent pas d’une forme d’institutionnalisation de cette proposition historiographique. Outre le séminaire précédemment mentionné, créé en 2000 à l’IHTP et installé quatre ans plus tard au cœur de Paris à l’INHA, des publications se sont revendiquées de cette approche, tout comme une collection d’ouvrages, des cours et des séminaires dans diverses universités. Pourtant, l’expression n’a cessé d’être discutée, semblant sans cesse devoir être (re)définie afin de lever de persistantes interrogations, tandis que se développaient ailleurs d’autres propositions tendant elles aussi à redessiner les contours de l’histoire du cinéma. Alors que le séminaire a interrompu ses activités et que vient de sortir le livre Travaux d’histoire culturelle du cinéma (éditions de l’École nationale des Chartes, 2025), cette journée d’étude souhaite revenir sur cette dynamique en France et à l’étranger, questionnant la spécificité de son regard, ses apports, ses perspectives et ses limites. Il s’agira de se pencher sur la manière dont l’histoire culturelle du cinéma a contribué à interroger les cadres et les frontières, tant géographiques que disciplinaires, des objets qu’elle travaille et des champs dans lesquels elle s’inscrit. Il s’agira également de nous interroger sur les façons et les enjeux de faire de l’histoire sociale et culturelle, sur, avec et à partir du média cinématographique.
Comité d’organisation : Gabrielle Chomentowski (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne / CNRS), Myriam Juan (Université de Caen), Mélisande Leventopoulos (Université Paris 8 Vincennes Saint-Denis) & Stéphanie-Emmanuelle Louis (École Nationale des Chartes-PSL)